Les raisons de l'échec scolaire

Pourquoi l'enfant intellectuellement précoce peut-il être en échec scolaire?


Pourquoi cet enfant exceptionnel qui a:
- commencé à parler souvent avant les autres (dit des phrases complètes souvent à 2 ans)
- commencé à lire avant les autres (souvent tout seul et vers l'âge de 4 ans)
et à qui tout semble sourire et réussir
se trouve souvent brusquement en échec scolaire parfois vers la classe de quatrième
ou en seconde ou première au lycée.

Les raisons de l'échec scolaire sont tout d'abord:
LE  PARADOXE DE L'ENFANT INTELLECTUELLEMENT PRECOCE


L'enfant précoce A PLUS DE : mémoire de travail (ou mémoire à court terme)
                                       Intuition et créativité
                                       Facilité à analyser un problème, à raisonner

mais il a aussi MOINS DE: - rigueur dans ses démonstrations
                                 -   il est souvent très désordonné, perd ses affaires
                               -  il oublie parfois de rendre ses devoirs, de copier ce qu'il a à faire
                              -  il a beaucoup de mal à acquérir  le sens de l'effort !!!
                            

En résumé, l'enfant précoce (EIP) qui pendant une longue période de sa vie et compte tenu de ses capacités exceptionnelles pour apprendre (très grande mémoire visuelle) et qui n'a jamais compris comme les autres enfants ce que signifie "apprendre" ou "mémoriser" c'est à dire  restituer l'essentiel d'un texte ou d'une leçon (car pour lui , il peut retenir pendant longtemps les moindres petits détails assez inutiles par fois) se retrouve donc en échec scolaire parce qu'il n'a pas vraiment appris à apprendre, parce que tout a toujours été trop facile et qu'à la moindre petite difficulté, tout s'est écroulé.


LES DYSSYNCHRONIES: AUTRES CAUSES POSSIBLES  D'ECHEC SCOLAIRE

Dyssynchronie signifie décalage au niveau du développement :
On distingue principalement trois grands types de dyssynchronies chez les enfants EIP:
(cf Jean Charles Terrassier : les enfants surdoués et la précocité embarrassante)

La dyssynchronie entre Intelligence et motricité fine:
Les enfants intellectuellement précoces qui peuvent être très en avance au niveau lecture, apprenant à lire de façon tout à fait "illégale" à quatre ans ou a cinq ans et la plupart du temps très naturellement. Ils disent souvent avoir appris à lire tout seuls.
Paradoxalement, ce même enfant pourra être moyen voire un peu en retard en motricité fine et cela risque d'entraîner beaucoup de difficultés scolaires surtout au moment où l'enfant devra apprendre à écrire à l'école. Le retard pris sera d'autant plus sensible lorsqu'un saut de classe lui sera proposé.
L'enfant EIP se met à dire: "je n'aime pas dessiner ou je n'aime pas colorier" ou encore "je n'aime pas écrire" et il se mettra à l'écart des autres élèves lors des activités de graphisme.
En réalité, il s'est comparé aux autres élèves, il s'est trouvé nul et de ce fait il va refuser ce type d'activité qui le met en échec. De plus le graphisme est souvent survalorisé à l'école où il permet à l'enseignant de se faire une idée des réalisations d'un enfant alors que l'expression orale, domaine privilégié des enfants intellectuellement précoces n'est pas souvent valorisé à l'école.


La dyssynchronie entre intelligence et développement affectif:
L'enfant EIP, malgré une intelligence vive et brillante peut avoir des comportements surprenants en société: il peut avoir besoin de sucer son pouce très tardivement ou avoir un doudou qu'il emmène partout avec lui. Il ne va pas paraître " intellectuellement en avance" mais plutôt un peu benêt ou bébête, d'où le refus fréquent d'un saut de classe car les enseignants disent au psychologue: "il joueà des jeux de bébé dans la cour".
J'ai testé un élève de sixième qui avait tenu à faire asseoir son nounours d'abord sur ses genoux, puis après une phase d'approche et de suggestions de ma part, sur une chaise. Même avec beaucoup d'expérience des enfants précoces, j'ai eu un moment de doute avant de parler à l'enfant "lui, précoce?" alors j'imagine ce que peuvent en penser les enseignants?
Or, cette "immaturité" remarquée chez de nombreux enfants EIP ne les empêchent absolument pas de poursuivre de brillantes études et d'avoir des aptitudes étonnantes à l'abstraction, elle ne doit pas l'empêcher de sauter une classe ou d'avoir un parcours enrichi ou accéléré. Au contraire, les sauts de classe en épanouissant l'enfant diminuent souvent la dyssynchronie affective en ayant un effet "magique".
Ici, le rôle de l'enseignant sera primordial car l'hypersensibilité de l'enfant EIP ne lui permet pas toujours de supporter facilement les vexations ou moqueries, s'il ne se sent pas soutenu par son maître ou sa maîtresse.
L'enfant peut alors avoir des idées dépressives ou suicidaires, et cela dès l'âge de cinq ans.

La dyssynchronie entre le développement cognitif et le développement social:
Le développement du langage, du vocabulaire et les centres d'intérêt de l'enfnant intellectuellement précose, tout joue contre lui dès l'entrée en maternelle, à l'âge de trois ans (petite section), voire même dès la crèche.
Ce qui était une richesse à la maison et bien accueilli par les parents et tous les adultes de passage devient un handicap dès la petite section. L'enfant EIP ne se reconnaît tout simplement pas dans son groupe de pairs, de camarades qu'il a tendance à appeler dès les premiers jours "les bébés" ou "les autres enfants" comprenant dès les premiers instants et de façon très aiguë  ou même parfois un peu dramatique sa différence.
Dès ces premiers instants à l'école, l'enfant EIP va se mettre à rechercher la compagnie soit d'adultes qui comprennent bien son langage, comme il en avait l'habitude à la maison, ou d'enfants plus âgés que lui. Un enfant EIP de trois ans ayant eu un comportement difficile a été heureux d'être puni et envoyé dans une moyenne/grande section où pour la première fois, il a trouvé des jeux intéressants pour lui.
Ce comportement inhabituel pour les enseignants (recherche systématique de l'adulte ou isolement) va gêner la classe: il sera qualifié de manque d'autonomie, refus de travailler seul, enfant peu sociable. Il provient du fait que l'enfant cherche des réponses à ses questions sur divers sujets: les planètes, la préhistoire, le big bang, la mort et pour cela il cherche des interlocuteurs. N'en trouvant aucun à l'école, il va épuiser ses parents le soir en les assommant de questions.

Les aides possibles:
1) La dyssynchronie entre le développement cognitif et la motricité fine:
Une aide en psychomotricité ou en graphothérapie peut être envisagée avec pour objectif le confort de l'enfant et une approche très différente du domaine scolaire. L'enfant qui progresse en écriture va se mettre à aimer de nouveau l'école. L'aide en orthographie peut aussi aider un enfant qui a des difficultés d'ordre instrumental: dyscalculie, dysgraphie, dysorthographie.

2)La dyssynchronie entre le développement cognitif et le développement social:
Pour ces deux types de dyssynchronies, l'enfant a besoin d'être aidé de façon psychologique, soit à travers des groupes de parole ou de socialisation ou par des entretiens individuels pour comprendre que son comportement n'est pas "anormal" mais résulte d'une adaptation au milieu parfois un peu inadaptée et que l'on peut améliorer les réponses données et tenir davantage compte de son entourage ( par exemple: réserver les doudous à un usage personnel à la maison.)
Un travail de visualisation et de relaxation peut diminuer sensiblement les angoisses de l'enfant et lui permettre de mieux réagir au sein d'un groupe, car divers paramètres peuvent gêner l'enfant du fait de son hypersensibilité: L'enfant ne supporte pas qu'il y ait trop de bruit dans la classe, l'enfant pense que les autres élèves sont contre lui, l'enfant est très timide et n'ose s'exprimer devant les autres.